"Sur les chemins de ma mémoire"
"SUR LES CHEMINS DE MA MEMOIRE"
CARNET DE VOYAGE POETIQUE
JUILLET-AOUT 2016
"Je vais parfois sur les chemins de ma mémoire
En trébuchant parmi des pans de souvenirs..."
(Robert MICHEL, "Double vie", dans Florilège de poésies,
Bulletin d'Espalion, rééd. 2016, p. 26)
0
"C’est le premier jour des grandes vacances [...] "
(Virginia WOOLF, Les Vagues,
dans Œuvres romanesques II,
Bibliothèque de la Pléiade, 2012, p. 454)
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À Mers-les-Bains le 24 juillet
C’était la Fête des Baigneurs
Nous avons rencontré des gens costumés
Comme à la Belle Epoque
Arrivant à la gare
Fanfare, attelages et voitures anciennes
Défilant dans un joyeux tintamarre.
2
À Vézelay le 27 juillet
Nous avons rencontré devant la Basilique
Un poète public
Qui sur le champ m’écrivit ce qui suit :
Vézelay
"Une montagne cocasse vêtu de moine,
Un monde d'époisse, sans mât de cocagne,
Un bout de rien accouchant d'un tout,
Espace sans fin, le ciel touche mon genoux.
Accoudé au partage,
Chanteur sans croix de bois,
Je suis,
Je donne,
Et j'y trouve mon là !
ici, maintenant,
l'espace épuise le temps,
Re-maintenant, Re-ici,
Ainsi soit il
Le Paradis !!!"
(Aurélien Nadeau)
3
À Dun-les-Places le 28 juillet
Nous fûmes invités par Roland et ses amis
À un spectacle lyrique avec les « Cantaduns »,
Marie Duisit, Belinda Kunz et beaucoup d’autres…
De Lully à Kurt Weil en passant par Gluck, Mozart, Bellini,
Verdi, Strauss, du Beau Danube Bleu à Old Man River
4
À Pleaux les 30 et 31 juillet
Avec Nicole et Marc nous avons visité
Les vitrines de l'exposition de la Xaintrie Cantalienne
Y trônent toutes sortes de collections :
Raquettes de tennis, céramiques, tirelires,
Bustes en papier mâché, flacons de parfum,
Piles wonder, tabatières pour les buxidanicophiles
Supports de fers à repasser pour les pressophiles
Ou boules de rampes d'escaliers pour les scalaglobuphiles !
Puis nous voilà partis à Salers et au Puy Mary
J’avais un peu le vertige mais c’était beau
À vous couper le souffle !
Aux Tours-de-Merle, on s’est dit au revoir et merci !
5
Au buron de Cameljane sur l’Aubrac le 2 août
Nous avons piqueniqué en famille
En mangeant le meilleur aligot
6
À Millau le 3 août,
Nous avons rencontré
René et Georgette
Nous avons partagé un nid d’abeille, une fougace
Et un gâteau à la broche
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Au Bulletin d’Espalion le 5 août
J’ai acheté rue Fanguin
Le Florilège de poésies de Robert Michel
Au doux parfum de charme et de nostalgie :
"Cette très longue histoire que chacun porte en soi
Frémit toujours en sa fraîcheur originale…
Sur un reflet d’eau verte, l’archet d’une cigale,
Un mur mangé de lierre à l’ombre d’un sous-bois,
L’étoile d’un regard, la chanson d’une voix,
Un sourire comme un frais parfum qui s’exhale
Des creux d’un souvenir remontant en spirale
Et déroulant sans fin les charmes d’autrefois.
Quand l’ombre de mon pas se raccourcit parfois,
Je sens grandir alors une onde musicale :
Les ETRES et les CHOSES, en hymne triomphale
Vibrent intensément au plus profond de moi,
Et le passé revit au présent de ma joie."
(Robert Michel, "A la recherche du temps perdu")
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À Pessac le 7 août
Chez Claude et Franck nous étions invités
Dans leur belle maison et leur beau jardin
Aux lauriers roses comme à Pétra
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À Fumel le 8 août
Nous avons visité le château de Bonaguil
« Château de rêve » selon Max Pons
Pour un guide, quoi de plus fantastique ?
Pour un troubadour, quoi de plus romantique ?
Et d’où viennent ces mystérieux graffiti ?
Aux Jurandes, nous avons salué Bernadette,
Qui fait vivre tant qu’elle le peut
l’œuvre au bleu de son mari Fred Bourguignon
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Enfin, le même jour,
Nous avons rencontré avec nos amis
Le chantre du terroir auvergnat, Thierry Col
En compagnie de ses deux chiennes Lowenberg
Fantasia et Arizona.
Accueil chaleureux, échanges de souvenirs du Club des poètes
Et de Jean-Pierre Rosnay
Entre chanson et poésie…
"Au pays de l'eau et du feu
on a tous un coeur généreux
comme la terre de nos volcans
on a du feu en dedans"
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À Saint-Riquier le 13 août
Avec Marc et Sylvie
Nous avons visité l’abbaye royale
Et les deux expositions du moment :
Gérard Titus-Carmel et Alain Fleischer
Lire, peindre, écrire, écouter lire
Nous aurions pu rester des heures
« Le rêve de la nuit, le rêve de toutes les nuits – ce qu’on retient de ce torrent
d’images que le sommeil déploie et disperse en son cours. Et dans ce gouffre,
ce trésor se dissout dès les premières clartés du jour, à peinte tentons-nous
de construire un peu de légende autour de ses décombres.
Mais la capacité du rêve à s’échapper ainsi de la conscience éveillée –
et cela jusqu’à douter même d’avoir rêvé -,
c’est précisément ce qui rend désespérément belles
ces ruines qu’on abandonne à la lumière (…) »
(Gérard Titus-Carmel, extr. de La Nuit au corps).
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À Saint-Riquier le 13 août
Avec Marc et Sylvie
Nous sommes revenus pour le concert
Du quatuor à cordes Vertigo
Autour de musiques de films
Dont Cassandra’ Dream de Philip Glass
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À Abbeville le 16 août
J’ai trouvé par hasard Le Seigneur du continent bleu de Frédéric Billiet
Je vous lis avec plaisir et étonnement
Percevant dans vos poèmes l’héritage des troubadours et des trouvères
« Ta beauté tant puissante qu’éphémère
Se liquéfie dans mon esprit
Qui n’en retient que le mystère
Et son existence infinie
Mais l’alchimie de la lumière
Que tu renies sans fermeté
Versera sur ce papier clair
L’essence rare de ta beauté »
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À la Baie d’Authie le 17 août
Avec Sylviane et Dominique
Nous avons rencontré
Phoques et veaux marins en grand nombre
Qui se donnaient rendez-vous
A l’heure dite selon la marée
Sur la mer qui scintillait
De milliers de diamants blancs
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À Miannay au Clos Cacheleux
J’ai lu, écrit et peint
À l’acrylique, à l’aquarelle,
Volcans, falaises, coquelicots
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Des images plein la tête
Des amis plein le cœur
Et de la poésie plein la vie.
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Je pense à tous ceux que je n’ai pas revus, qui sont loin, à ceux qui ont quitté ce monde mais qui sont là pourtant comme si "l’absence multipliait la présence".
Je dédie ce carnet de voyage poétique à mes parents et à mon oncle Bob.
Maman, à Butel, à Espalion, à Aubrac, ici plus qu’ailleurs,
« Je t’ai vue enfin en ces lieux apparaître
Et j’ai corsé ton nom
Du signe de l’infini ».
(Frédéric Billiet, Le Seigneur du continent bleu)
Nathalie Cousin
21-22.08.2016