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« La musique sur tous les fronts. »

 

Éric Sauda

(Blanc-Mesnil, 2.12.1963)

Musicien et musicologue français.

 

Enfant, Éric Sauda rêvait d’être batteur de rock. Ses études et son parcours professionnel sont assez éclectiques. Il commença par l’étude de la clarinette puis des percussions aux conservatoires d’Aulnay-sous-Bois et de Paris 19e. De 1977 à 1980, il fut percussionniste d’Harmonie de la SNCF et donna des concerts et tournées en Europe. En 1981, il eut l’opportunité de débuter vraiment sa carrière en tant que batteur dans une formation à Perth, en Australie, réalisant ainsi son rêve d’enfant... L’année suivante, rentré en France, il participa à une expérience de création musicale et d’interprétation pour une pièce de théâtre : Le Procès de Jacques Coeur de Guy Vassal, pour le théâtre de Montpellier. Il réalisa une prestation audiovisuelle pour un téléfilm, Les prisonnières de la tour de Constance, produit par Antenne 2. De 1982 à 1986, il enseigna la percussion, la batterie et le solfège à l’école municipale de musique du Grau du Roi (Gard) et assura des interventions musicales en écoles primaires et élémentaires (Gard et Hérault). De 1986 à 1988, il prépara un DEUG de musicologie en Sorbonne. Il travailla ensuite pour différentes maisons de disques (Polydor/WEA) ce qui engendra de nombreuses prestations télévisuelles de 1986 à1988 en tant que batteur de rock. Il réalisa également des créations musicales, organisa des concerts et des interventions musicales en milieux scolaires, créa des répertoires pour les rencontres de chorales des Écoles primaires de la Somme (Péronne), il fut aussi Professeur d’éducation musicale au collège et au lycée. Il reprit des études de musicologie à Lille 3 de 2000 à 2004 (DEUG à Maîtrise, option concepteur de décors sonores en licence) ; réalisa des décors sonores pour des expositions : « Les Américaines en Picardie », « Les enfants et la Grande Guerre » pour l’Historial de Péronne. Il soutint en 2005 un DEA à Paris-Sorbonne (Paris IV) portant sur La musique et les musiciens au front durant la 1ère Guerre mondiale, sujet qu'il poursuivit en thèse de doctorat sous le titre François Gervais musicien au Front de 1914 à 1919 : affirmation identitaire, sociale et artistique (soutenu en 2010, sous la dir. de Michèle Alten).

A partir de 2006, il a enseigné à l’école supérieure privée « Studio M » de Montpellier l’esthétique du son, l’histoire de la musique, le montage audio assisté par ordinateur et l’anglais musicologique. En 2007, il donna une conférence programmée par le « GLAAF » (groupement des luthiers et archetiers de France, en Arles), sur le thème de « la facture d’instruments de musique au front entre 1914 et 1918 ».

Depuis la soutenance de sa thèse, Éric Sauda travaille pour l'éducation nationale en tant que professeur contractuel d'éducation musicale tout en continuant ses activités de musicologue

Conférence à l’Abri-mémoire d’Uffholtz (Alsace) : Histoire de la musique au front/ Cinq années d'activités musicales à proximité des combats (septembre 2012).

Conférence au sein du 1er congrès annuel d’histoire contemporaine à l’Université de Lisbonne (mai 2012) : L’incongruité de la présence de la musique à proximité des combats durant la Grande Guerre. Article à paraître.

Conférence au sein du 136e congrès annuel des sociétés historiques et scientifiques (mai 2011) Université de Perpignan : La musique et les musiciens au front durant la Grande Guerre. Article mis en ligne par le CTHS.

 


François Gervais musicien au Front de 1914 à 1919 : affirmation identitaire, sociale et artistique

par Eric Sauda

Thèse de doctorat en Musicologie

 

Sous la direction de Michèle Alten.

Soutenue le 12-12-2010 à Paris 4, dans le cadre de Ecole doctorale 5 Concepts et langages (Paris).

Le jury était composé de Michèle Alten, Annette Becker, Philippe Gumplowicz, Sophie-Anne Leterrier

 

Résumé

François Gervais né à Blois en 1885, reçu bachelier en lettres et philosophie, commença très tôt des études musicales, obtenant, dès 1905, le second prix de violoncelle au Conservatoire de Paris. Entré en 1913 à l’orchestre des Concerts Lamoureux dirigé alors par Paul Paray, il était en tournée aux Pays bas quand il apprit la déclaration de la guerre. F. Gervais fut d’abord mobilisé au 313ème régiment d’infanterie, puis au 329ème jusqu’à la fin de la guerre. Malgré le fait qu’il soit parti au front sans instrument, il se distingue comme musicien jusqu’à la fin de l’année 1914. Mais au printemps de l’année 1915, F. Gervais qui souffre de l’absence de pratique instrumentale réclame auprès de ses supérieurs la permission de réaliser un violoncelle. L’instrument, fabriqué à partir des rares matériaux collectés, s’avère de qualité étonnante sur le plan acoustique. Néanmoins, il a été conçu pour obvier à toute avarie due à la vie de soldat, peu sédentaire et exposée aux intempéries. Pendant les périodes de repos à l’arrière, F. Gervais anime les troupes (concerts, revues et spectacles) et ne tarde pas à gagner l’estime de ses camarades et de ses supérieurs. Le plaisir de la pratique musicale quasi quotidienne retrouvé, F. Gervais, seul ou en formation avec d’autres camarades musiciens, jouera tout au long de la guerre, pour la détente des soldats entre deux montées en ligne. Démobilisé, il rentre au foyer avec ses souvenirs et son violoncelle. Survivant de cette guerre, il réintègre l’orchestre des Concerts Lamoureux dont il sera violoncelle solo en 1920. Il enseignera, par la suite comme professeur indépendant, (P. Tortelier sera son élève) et dans ses dernières années, il sera professeur au Conservatoire de Tours. Après sa mort en 1956, sa fille aînée Françoise Gervais conservera pieusement à son domicile, documents et violoncelle avant d’en faire don en 1999 à l’Historial de la Grande Guerre de Péronne (80) ...

 

maj de cette page : 28.01.2013

Tous remerciements à Eric Sauda

Erica C