Je prends le risque et la liberté de dire ce qui suit qui n'engage que moi. A ceux qui penseraient que j'exagère et confonds tout, je répondrais par cette phrase : "Si une personne a réussi à se faire aimer pleinement par quelqu'un ou par plusieurs personnes, celles-ci disposent du récit de leur propre vérité." (Mareike Wolf-Fedida, Amour, identité et changement, Paris, MJW Fédition, 2005, p. 257.)

 

 

 Quand j'ai vu Colin Firth, alias George VI, dans le film Le discours d'un roi, en février, je n'ai pu m'empêcher de penser à Emeric. Quand j'ai vu Emeric disant ses poèmes au Bates College (et l'ayant entendu avant en d'autres occasions, notamment en novembre 2009 à la Librairie Lhermitte), je n'ai pu m'empêcher de penser à Colin Firth dans Le Discours d'un roi.

J'ai trouvé une certaine ressemblance entre les deux hommes, dans leur manière d'être, dégageant puissance, courage, volonté, sensibilité, raffinement, intelligence... ;  je n'ai pu m'empêcher de trouver une correspondance entre la voix du roi au moment de la scène finale du film, le discours proprement dit, au micro de la radio, un peu hésitante au début puis de plus en plus assurée, et le grain de la voix du poète, parlant également dans un micro mais face au public, dans un registre plus doux, tout en retenue et en nuances, "à mi-voix", parfois presque en chuchotant, comme pour confier à chacun un intime secret.

Bien sûr, les situations n'ont rien à voir, le discours politique d'un côté, dans le contexte de l'époque, le discours poétique de l'autre, célébrant au contraire l'amour, la réparation, la beauté, la vie, la douceur, la lumière, les arbres et tous les thèmes chers à Emeric de Monteynard. Comme un autre "discours d'un roi", celui d'un poète-roi, rendant la poésie vitale et nécessaire.

Combat manichéen... Dans un monde toujours en guerre, comment ne pas penser à ce qui se passe actuellement en Libye et ailleurs ? Alors que si peu de temps avant, je n'en découvrais que la beauté à travers les images du désert de l'Akakous...

La poésie d'Emeric est prière, aussi prions1. D'un poète à l'autre, me revient la ballade de Charles d'Orléans, mise en musique par Francis Poulenc, "Priez pour paix, le vrai trésor de joye".

Érica C

 

1. Cf. poème "Prie", Les Cahiers du Sens, Le Nouvel Athanor, 2010, p. 190. Voir aussi vidéo du Bates College (Bates International Poetry Festival). 

Tous remerciements à Emeric de Monteynard.

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