31 janvier 2009
SEXTINE POUR UNE ONDE POÉTIQUE
“ Et par cette morsure qui m’ouvre à l’éveil
Une paix singulière traverse mes veines
Dans un sourire qui jette au feu sa faconde ”
(Éric Maclos, Une élégie du geste, Atelier La Feugraie, 2001)
Voici le thème d’aujourd’hui : l’onde
Dehors, tout est couvert de givre
Je tiens devant moi un livre
Qui donne un remède pour tout le monde
Contre le mal de vivre
Frondeur, insolent, il ose la faconde
Pourquoi en faire tout un monde ?
Poétique est aujourd’hui l’onde
Il suffit de la laisser vivre
Sans qu’elle se fige ou se givre
Pourvu qu’elle garde sa faconde
Et circule de livre en livre
Tiendrez-vous le pari du livre ?
Avec des mots, refaire le monde
N’ayez pas peur de ma faconde
Les mots glissent maintenant sur l’onde
Ils se rient du givre
Chuchotent même qu’il fait bon vivre
Pour l’amour du ciel criez VIVRE !
Ne jetez pas encore mon livre
Qu’importe si dehors il givre
Sifflent les hauts de hurle-monde
C’est devenu une gageure l’onde
Plutôt que le silence, préférer la faconde
Avec sa verve et sa faconde
Elle s’obstine dans le vivre
Elle suit le courant de son onde
En elle s’écrit un nouveau livre
Elle ne fait qu’un avec le monde
Oublie le givre
Elle est seule un soir de givre
Elle a perdu sa faconde
Elle n’existe plus pour le monde
Au loin, plus loin, elle part vivre
Je referme le livre
A la seconde je plonge dans l’onde
Qui est-elle cette ondine faisant fi du givre ?
Oscillante entre silence et faconde
Ange de lumière dans l’onde ?
Lu au coin des poètes, janvier 2009
thème : l’onde
Nathalie-Érica Cousin 10/01/2009
Ondine, terre cuite de Martine Canillac
Photo aimablement communiquée par Martine Canillac et reproduite avec son autorisation.
Avec tous mes remerciements.
27 janvier 2009
CITATION : GUY DE MAUPASSANT : NOTRE COEUR
« Qu’allait-elle lui dire ? Le mot « aimer » y serait-il ? Jamais elle ne l’avait écrit, jamais elle ne l’avait prononcé sans le faire suivre du mot « bien ». – « Je vous aime bien. » - « Je vous aime beaucoup. » - « Est-ce que je ne vous aime pas ? » Il les connaissait, ces formules, qui ne disent rien par ce qu’elles ajoutent. Peut-il exister des proportions quand on subit l’amour ? Peut-on juger si on aime bien ou mal ? Aimer beaucoup, comme c’est aimer peu ! On aime, rien de plus, rien de moins. On ne peut pas compléter cela. On ne peut rien imaginer, on ne peut rien dire au-delà de ce mot. Il est court, il est tout. Il devient le corps, l’âme, la vie, l’être entier. On le sent comme la chaleur du sang, on le respire comme l’air, on le porte en soi comme la pensée, car il se fait l’unique Pensée. Rien n’existe plus que lui. Ce n’est pas un mot, c’est un inexprimable état, figuré par quelques lettres. Quoi qu’on fasse, on ne fait rien, on ne voit rien, on n’éprouve rien, on ne goûte rien, on ne souffre de rien comme avant. Mariolle était devenu la proie de ce petit verbe. »
(Guy de Maupassant, Notre cœur, le livre de poche, p. 170)
21 janvier 2009
CITATION : JEAN TARDIEU : ART POÉTIQUE
Mes outils d’artisan
Sont vieux comme le monde
Vous les connaissez
Je les prends devant vous :
Verbes adverbes participes
Pronoms substantifs adjectifs.
Je les pose sur la table
Ils parlent tout seuls je m’en vais.
Jean Tardieu, « Outils posés sur une table », Formeries, 1976
(cité dans Métamorphoses : petite fabrique de poésie,
Seghers, poésie d’abord, 2005, p. 8)
CITATION : MICHEL SERRES : DES FLUIDES
(...) "nous donnons notre confiance aux objets solides, dont la raideur fixe la masse et le volume, contenu et contenant, donc à la mesure, donc aux définitions des aires sémantiques stables des substantifs ou des verbes(...) alors que nous répugnons à nous plonger parmi les liquides, l'aquatique et le vaporeux (...) règne fluide où les distances changent et fluctuent, sur laquelle, enfin, l'écriture s'efface et la mesure se perd."
(Michel Serres, Atlas, Julliard, 1994, p. 71-72)
15 janvier 2009
Eric Sivry : annonce de dédicace
Dans le cadre du TERRITOIRE DU POEME
dirigé par Anne Stell,
Jean-François BLAVIN présentera
le vendredi 16 janvier 2009 à partir de 19h
Eric SIVRY
et Sylvie BIRIOUK
pour leurs recueils de poésie respectifs
Une Terre sans lignes
et
Les Arpents de l’Aube
A la brasserie François Coppée
1 boulevard du Montparnasse,
75006 Paris
La lecture sera suivie d’une séance de dédicaces
08 janvier 2009
Récréation des hérissons
Pour Gildérica
En attendant le printemps,
Crocus, Cerise et Honfleur, bien au chaud, vous souhaitent une bonne année 2009
"Et celui qui hante les bois
N'arrêtera pas son errance
Quand, dans une clairière, bien loin
De l'embrasement du grand monde,
Une douce flamme renversée
Ressemblera, dans son regard,
A un crocus dans l'ombre"
"When the world is burning", d'Ebenezer Jones (1820-1860),
cité dans Virginia Woolf, Comment lire un livre, L'Arche, 2008, p. 309.
"Salut à vous étoiles vigilantes
et à toi mon étoile, perdue dans cette foule.
Peut-être un dieu, invisible, muet,
est-il penché à son balcon de brume.
"Un hérisson !"crient soudain les enfants,
et, près du tas de bois, replié, immobile,
je reconnais le gentil compagnon du printemps.
Au lit, enfants, n'effrayez pas ce visiteur nocturne,
respectez son errance sous le regard paisible de la lune."
(Jean Joubert, extr. de "Le soir, l'été", dans Etat d'urgence, ed. Editinter, 2008, p. 52)
VOEUX D'ERICA
En deux-mille neuf,
Sachons nous mettre au diapason
Soyons phénix :
Renaissons de nos cendres
Soyons lézards :
Faisons peau neuve
Soyons Artémis : chassons !
Chassons les mauvaises pensées
La honte
L’amertume
Les bourrelets du remords
La peur de l’autre et de nous-mêmes
Cessons de traîner à nos pieds ces boulets
Soyons sur la même longueur d’onde
Par-delà le trompe l’œil des apparences
Ouvrons les fenêtres du cœur
Mettons le cap sur l’an neuf.
Érica, janvier 2009
Ce poème votif est librement inspiré
d'Émeric de Monteynard
05 janvier 2009
Éric Pénicaud : annonce de concert
Duo Cordes et Âmes
Sara Chenal et Olivier Pelmoine
Duo Cordes et Âmes:
Jubilatio de E.PENICAUD
Auditorium du conservatoire de Montereau-Fault-Yonne (Seine et Marne)
le 11 janvier à 17h
Récital Olivier Pelmoine:
Derviches Tourneurs de E.PENICAUD
Eglise Saint Ephrem à Paris (métro maubert-mutualité)
le 25 janvier à 18h30








