Le blog d'Erica

Ce blog est destiné à m'adonner à l'écriture le plus librement possible et à partager cette envie avec d'autres. Il est plus particulièrement axé sur L'Almanach d'Eric classé du 1er janvier au 31 décembre 2007 selon les dates de naissance.

06 octobre 2007

EXTRAIT DE L’ALMANACH D’ÉRIC : 6 octobre : Sarner

« Comme transparaît l’ange1. »

280___6



Éric Sarner

(Alger, 6.10.1943)*

Écrivain, journaliste, documentariste,
plasticien, poète français.

6

octobre

280/86

Éric Sarner a publié de nombreux textes et articles et une douzaine d’ouvrages. Son œuvre poétique comprend, entre autres, Petit carnet de silence, L’ombre de l’autre, déjà, et Sugar. Dans un style rythmé et haletant, qui swingue comme le jazz, Sugar est un hommage au monde de la boxe. Outre Ray Robinson Sugar, on relève au passage les noms de Jean Stock, Jack Johnson, James Jeffries, James Jackson dit Le Vieux chaudronnier, Arthur Cravan, Charles Humez, Bubi Scholz, Georges Carpentier, Jack Dempsey, Marcel Cerdan, Assane Diouf, Jake La Motta, Al Brown, Joe Barrow, Joe Louis, “ le Bombardier Noir ”...

Éric Sarner est aussi l’auteur d’essais socio-historiques tels que Mères et "folles" sur la Place de Mai. Ce livre traite du mouvement des mères, surnommées les « folles de Mai », qui ont commencé à se réunir à partir de 1977 pour lutter de toutes leurs forces contre la dictature argentine et dénoncer les disparitions et les exécutions de leurs enfants. Un autre essai d’Éric Sarner, La Passe du vent, est consacré à Haïti et à Jacques Stephen Alexis (1922-1961), descendant de Dessalines, médecin, écrivain et militant et dirigeant pour l’indépendance de son pays. Éric Sarner est également documentariste pour la télévision.

Bibliogr. : Monos, 1971. Trente-trois passages d’instants pour Giani, Manosque, A. Rico, 1974. La Mainmorte du comte de Mirabeau, La Nèpe, 1982. Beyrouth, Beyrouth à vif, Paris, Encre, 1985. Jazz Encre, Éd. du Vent Noir, 1988. Mourir place Tian an men, O. Orban, 1990. La Passe du vent : une histoire haïtienne, Paris, Payot, 1994. Une lettre trouvée à Lisbonne (dessins de Miguelanxo Prado), DS, 1995. Petit carnet de silence, Dumerchez, 1996 (épuisé). Instant America, Afat, 1997. L’ombre de l’autre, déjà, Rencontres, 20002. Mères et "folles" sur la Place de Mai, Desclée de Brouwer, 2000. Sugar, Dumerchez, 2001. (Adapté au théâtre, mise en scène de Vincent Poirier à Paris en 2004). Expositions  : Tentations et tâches de femmes, suite d'iconotextes, Galerie Marianne Cat, Marseille, janvier 2004. Soupçons d'épopées, collages, montages etc. même lieu, janvier 2005. Discogr. : Eric Sarner, Lecture enregistrée le 8 octobre 2005, Centre d’art et de littérature, Hôtel Beury, 1 disque compact.



  7_________________

  8_________________

  9_________________

10_________________

11_________________

12_________________

13_________________

14_________________

15_________________

16_________________

17_________________

18_________________

19_________________

20_________________ 

« Ce qui trouble, sur le
ring, c’est

l’étange application des hommes dans l’échange :

une violence en mesure.

Sur certains visages l’enfance affleure encore,

Comme transparaît l’ange parfois,

Dans les yeux des bêtes les plus féroces. »

(Sugar, p. 28)

*Date aimablement communiquée par Éric Sarner, mél. 31.10.03. 1. Sugar, p. 29. 2. Voir http://www.inventaire-invention.com/textes/sarner.htm (consulté 19.03.04). Photo NC : Marché de la poésie, place St Sulpice, Paris, 24 juin 2007. Remerciements à Éric Sarner.

« L’odeur du chaud, l’ortie bouillante, les infimes pesanteurs dedans le goût de l’air au-dessus et sous les pieds, entre chair et terre, par le corps seulement, il connaît. Par le corps seulement il connaît.

Seulement par le corps elle connaît. L’époux, l’épousée.

Impossible de se connaître hors le corps.

J’ai été collé à toi, t’ai connue collée à moi, non reconnaissable, un temps, au point que chacun ignorait qui avait créé l’autre. Une seule projection, un seul solide, il nous arrive de croire encore que nous sommes cela, que tout à l’heure, nous allons être cela, que ta main droite et ma gauche sont les deux mains d’un seul, qu’un être marche avec ma jambe gauche et ta droite, vaisseaux du cœur bien en place, organes opérant juste, accroché à l’éternité. Tout cela c’est connu, c’est contemplation. Empreinte d’une blessure refermée – Simbolon – tandis qu’il me semble que grandir monte d’une plus grande solitude, d’une plus parfaite séparation, oui, voilà ce que j’apprends, quand j’en ai le courage.

2. Au même coin de l’univers, au même angle reste.

Peut-être pour me rapprocher de moi-même et moi au même angle de l’univers je pourrais rester pour peut-être te rapprocher de toi-même, non pas seulement pour nous frôler ou furieusement nous prendre, plutôt grandir de toi dans l’écart, grandir de moi dans la même distance. La part de toi en moi est une figure de toi qui me rend ce qui en moi manque en étant là sans moi.

Relis et renverse l’histoire. Vois, respire, goûte, touche la rupture qui rapproche entends, comprends-tu ? Comprends-tu ? Pas une petite philosophie portable, ni un jeu cache-cache, ce ne peut être qu’un fond d’intime entre les cailloux sur quoi toujours nous marchons, mais chacun droit, séparé, sans modèle, deux corps, un mystère, oui, ce qu’on appelle, un mystère. »

(Eric Sarner, extrait d'un recueil à paraître, 
lecture enregistrée le 8 octobre 2005,
L’Echelle, Centre d’art et de littérature, Hôtel Beury.
Reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur.)

* Autres anniversaires : Eric (Craven) [Peter] Gregory (Bradford, W. Yorks, 6.10.1887-Lagos, Nigeria, 10.02.1959)*, collectionneur et philanthrope anglais. (*Grove Art Online, consulté 13.13.05). Zoran Eric (Belgrade, 6.10.1950)* compositeur serbe. (*NGDMM).


Posté par ericaC à 07:00 - ALMANACH D'ERIC - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=315838&pid=6126955

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :