01 octobre 2007
EXTRAIT DE L’ALMANACH D’ÉRIC : 1er octobre : Sivry
« Ma religion, c’est l’art 1. » |
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8________________ 9________________ 10________________ 11________________ 12________________ 13________________ 14________________ 15________________ 16________________ 17________________ 18________________ 19________________ 20________________ « D’autres religions pour les hommes ! L’enfance, la couleur, le mot qui chante et qui espère, l’invisible même, pourvu que sa parole se détourne du précepte, du commandement4. »
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Eric Sivry est tout à la fois, poète, nouvelliste, critique littéraire, essayiste, professeur de lettres, directeur des Éditions D’Ici et D’Ailleurs. Son premier recueil de poèmes a été publié en 1987 à Paris. Grâce à Jean Laugier, il a rencontré Charles Le Quintrec ; il a eu des contacts avec des poètes de l’École de Rochefort, Guillevic, Andrée Chedid, Marc Alyn, André Lagrange… A l’origine de « l’intuitisme » et du « groupe intuitiste », réunissant des poètes, des écrivains, des peintres, des sculpteurs, etc. Eric Sivry a créé et dirige la revue littéraire et artistique Intuitions. Toute l’œuvre d’Eric Sivry est en effet fondée sur l’idée d’un art, d’un langage et d’une poésie de l’intuition. Approfondissant toujours plus sa réflexion, il a écrit un manifeste, Pour un art de l’intuition. L’intuition telle que la définit Eric Sivry n’a pas exactement le sens que lui donnent les philosophes (Bergson, Sartre…) ou d’autres artistes ou poètes ; pour Eric Sivry, elle part du sens de intuitio : « regarder dans un miroir et regarder au-delà des apparences » ; elle se différencie essentiellement de l’inspiration par le fait qu’elle ne vient pas d’une manne divine mais du spectacle du monde . Toujours reliée à une expérience vécue, l’intuition transcende celle-ci en un moment où passé et présent convergent et permettent alors la création. Le passé évoqué peut se situer très loin dans le temps, ainsi la Crète, ou l’univers des Celtes fascinent-ils le poète qui les réactualise (Cnossos, le poème épique Les Celtes). L’intuition n’est pas seulement conscience immédiate intérieure, elle suppose un « contact fervent avec l’objet », par exemple avec la pierre dans Cnossos : « Et le rocher de ses yeux dilatés me regardait3 » . La poésie intuitiste fait appel aux sensations (et non à la seule vision), à l’imagination, à l’émotion, à la sensibilité, à la méditation ; sur le plan du style, elle s’oriente chez Eric Sivry vers un mélange des formes (vers, prose, récit, journal, roman…) et des tons (épique, lyrique…). Eric Sivry croit en une « religion de l’art », en un art nouveau et une spiritualité nouvelle. Sans optimisme exagéré, il prône un humanisme fait de contacts multiples entre toutes les cultures passées et présentes et entre tous les arts, capable d’agir comme un puissant antidote contre les guerres, la barbarie, l’intolérance que connaissent depuis toujours l’humanité. « Il fallait écrire le poème de mes propres croyances, de ma foi en l’art, en la poésie, et tous ses doutes, les crier à la face du monde comme pour être mieux puni, ou bien absout. » (Peñiscola note de l’auteur p. 72). (maj oct. 2007) : Bibliogr. : Poésie : Fleuves d’exil, Paris, Caractères, 1987. Cieux du gouffre, Paris, Caractères, 1998. Intimes, Perros-Guirec, Anagrammes, 2002. Légendes du feu, Perros-Guirec, Anagrammes, 2002. Les Celtes, Perros-Guirec, Anagrammes, 2003. Alexandre-le-grand, Mareuil sur Ourcq, D’Ici et D’Ailleurs, 2004. Constellation d’énigmes, Mareuil sur Ourcq, D’Ici et D’Ailleurs, 2006. A force de jours, Schena, 2006. Manifeste-essai : Pour un art de l’Intuition, Perros-Guirec, Anagrammes, 2003. Critique et recherche : Les Fonctions des discours des personnages dans les manuscrits et le texte de A la Recherche du temps perdu de Marcel Proust, Lille, Presses universitaires de Septentrion, 1996. Étude d’"Un amour de Swann" de Marcel Proust, Ellipses, 1998. Correspondance Colette-Duhamel, Cahiers Colette (en collab. avec Arlette Lafay). A paraître : Étude des Planches Courbes d’Yves Bonnefoy, Ellipses, collection Réseau-Diagonales, 2005 (avec Sylvie Jacobée-Biriouk3). | |
*50 ans de poésie contemporaine : 1945-1995, anthologie : 550 poètes, 45 illustrateurs, Paris, Carnac, Jean Grassin, 1996, p. 931. 1. Peñiscola, p. 72. 2. Pseudonyme d’Eric Jacobée. Son premier pseudonyme était Eric Saint-Sivry. 3. Peñiscola, p. 29. 4. « La religion de l’art », dans Peñiscola, p. 34. Remerciements à Eric Sivry et à Nicole Barrière pour son invitation à la séquence poétique « Du côté du pont Mirabeau » le 24.11.2006 et pour son exposé sur E. Sivry. Remerciements aux Editions Schena. | ||
Autres anniversaires : Eric Allen Boe (Miami, Floride, USA, 1.10.1964)*, astronaute américain de la NASA. *http://www.astronautix.com/astros/boe.htm [consulté 22.04.06]. Éric de Chassey (1.10.1965)*, historien d’art. (*Sudoc). Éric Roger (LaSalle, Québec, 1.10. 1969)* ; poète, musicien et animateur radio québécois…/...Erik (Jerk) Jonsson Werkmäster (1.10.1896)*, peintre, graveur, dessinateur suédois (*SK). | ||
2e version sous toutes réserves de révision ultérieure par Eric Sivry.
maj 30.12.07
EXTRAIT DE L’ALMANACH D’ÉRIC : 1er octobre : Sivry
« Nuit toujours recommencée1. » |
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Le premier pseudonyme d’Éric Jacobée était Éric Saint-Sivry, c’est désormais Éric Sivry. Également à l’origine du groupe artistique intuitiste, regroupant des poètes, des écrivains, des peintres, des sculpteurs, etc., il a fondé et dirige la revue littéraire et artistique Intuitions2. Bibliogr. : Poésie : Fleuves d’exil, Paris, Caractères, 1987. Cieux du gouffre, Paris, Caractères, 1998. Intimes, Perros-Guirec, Anagrammes, 2002. Légendes du feu, Perros-Guirec, Anagrammes, 2002. Les Celtes, Perros-Guirec, Anagrammes, 2003. Alexandre-le-grand, Mareuil sur Ourcq, D’Ici et D’Ailleurs, 2004. Constellation d’énigmes, Mareuil sur Ourcq, D’Ici et D’Ailleurs, 2006. A force de jours, Schena, 2006. Récits : Peñiscola, Fasano, Schena, 2006. Cnossos, Rimbaud revue. Carnaval, Mareuil sur Ourcq, D'Ici et d’Ailleurs, 2005. Manifeste : Pour un art de l’Intuition, Perros-Guirec, Anagrammes, 2003. Critique et recherche : Les Fonctions des discours des personnages dans les manuscrits et le texte de A la Recherche du temps perdu de Marcel Proust, Lille, Presses universitaires de Septentrion, 1996. Étude d’Un amour de Swann de Marcel Proust, Ellipses, 1998. Correspondance Colette-Duhamel, Cahiers Colette (en collab. avec Arlette Lafay). A paraître : Étude des Planches Courbes d’Yves Bonnefoy, Ellipses, collection Réseau-Diagonales, 2005 (avec Sylvie Jacobée-Biriouk3). | |
*50 ans de poésie contemporaine : 1945-1995, anthologie : 550 poètes, 45 illustrateurs, Paris, Carnac, Jean Grassin, 1996, p. 931. 1. Cf. infra. 2. B.P. 13F, 60890 Mareuil sur Ourcq. Voir aussi L’Ouvre Boîte, n° 66, hiver 2004 : compte-rendu de l’émission de radio L’Onde poétique, Radio Enghien, 98 FM, juin 2003. | ||
Autres anniversaires : Eric Allen Boe (Miami, Floride, USA, 1.10.1964)*, astronaute américain de la NASA. *http://www.astronautix.com/astros/boe.htm [consulté 22.04.06]. Éric de Chassey (1.10.1965)*, historien d’art. (*Sudoc). Erik (Jerk) Jonsson Werkmäster (1.10.1896)*, peintre, graveur, dessinateur suédois (*SK). | ||
EXTRAIT DE L’ALMANACH D’ERIC : 1er octobre : Roger
« Un paradis dans le néant . » |
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« le chant prophétique / par-delà la mort de Dieu / lève son verre / à la santé de l’antinomie / du bien et du mal » (Les êtres de lumière, Un paradis dans le néant, p. 94).
« je suis un dopé de poésie : les limbes ont toujours été pour moi un espèce de paradis où il fait bon se perdre » (L’aura de la lune, Id., p. 106). |
Éric Roger anime à la radio depuis une douzaine d’années l'émission de poésie-musique « Poète, vos papiers ! », maintenant sur les ondes de CINQ-FM (Radio Centre-ville) 102,3 FM. Depuis 2000, il produit les soirées de poésie-musique « SoloVox » tous les derniers mercredis du mois à Montréal, au café L'Utopik. Éric Roger a publié trois recueils de poésie ; le troisième, Un paradis dans le néant est dédié à son père, le pastelliste Réal Roger (poème La lune en feu). Le titre de ce recueil rappelle Une saison en enfer de Rimbaud. Comme le poète des Illuminations, Éric Roger se définit lui-même comme un « poète anticonformiste » et « visionnaire », un « mutant ». La comparaison ne s’arrêterait d’ailleurs pas là mais, si Rimbaud est effectivement cité (Insulter la rage des dragons, p. 77), Éric Roger se réfère significativement dans ses dédicaces à d’autres poètes et écrivains tels que Émile Coderre (écrivain populaire québécois, 1893-1970), Denis Vanier (mort en 2000 à 51 ans, « une des grandes voix de la poésie urbaine québécoise », poète marginal proche de la contre-culture américaine), Claude Péloquin (poète québécois « aux sonorités rock et techno »), Elizabeth Vonarburg (célèbre auteur québécoise de science-fiction), Jim Morrison (poète et chanteur de rock américain), etc. Nombreux sont les thèmes abordés par Éric Roger dans Un paradis dans le néant : la solitude, la rue, la nuit, la folie (paranoïa, schizophrénie), l’alcool, le sexe, la drogue (Baiser sur mémoire dédié « aux junkies de la rue de Maisonneuve »). Les antinomies s’y affrontent ou se confondent en permanence : l’enfer et le paradis (« un paradis en enfer »), le bien contre le mal, Dieu et le refus de Dieu, l’obscurité (Noir sur noir, The Nephilim ou l’accablante noirceur) contre la lumière (Les êtres de lumière), l’espoir contre le désespoir, l’amour, la tendresse contre la violence et la haine, le rêve et le « quotidien blasphématoire » (Noir sur noir, p. 40), la beauté et la vulgarité, la vie et la mort, les nuits et les jours, le soleil et la lune, le bruit et le silence, etc. La poésie serait-elle à elle seule ce paradis dans le néant que cherche Éric Roger ? Elle est inspiration, cri de révolte, défoulement, sa seule chance de survivre dans un monde aussi dur : « une chance que j’ai / la poésie pour me défouler / sinon je finirais en prison / avec les enculés de la pire espèce » (Veine foudre, p. 88). Sa poésie forte, écrite dans l’urgence de vivre ou dans « un état d’hallucination », paraît souvent noire mais traversée de couleurs, de lueurs, de flashes superbes par exemple : « les arbres font du headbanging1 » (Pissed drunk, p. 13), « la nuit est enceinte / elle accouche de l’éternité » (L’éternité est une saison qui ne prend pas froid, p. 26). Emporté grâce à la magie des mots, dans un élan, une énergie cosmique parmi les étoiles, les nébuleuses et les galaxies, le poète à « l’âme aux oiseaux » (L’aura de la lune, p. 107), il « cherche de nouveaux chemins à explorer » (Pissed drunk, p. 13), attend « le grand jour où… nos rêves auront des ailes / les ailes dessineront / une nouvelle planète » (Je me vois dans tes yeux, p. 65). Bibliogr. : Un paradis dans le néant, Auteuil, Laval (Québec), Teichtner, 2006, 115 p. (couv. ill. de pastels de Réal Roger). Dans la bonne saison des talents, Mains blanches, 1995, 57 p. Simple Imagination, Mains blanches, 1996, 57 p. Discogr. : Éric Roger, disques compacts, Productions SoloVox sauf mention contraire : Parmi les mutants, 2006. Des monstres dans la gorge (compilation), Tremplin d’actualisation de la poésie (TAP), 2005 (Avec Dj Psychopat). L’apocalypse de tes yeux, 2003 (Avec Dj Psychopat). Doggy style en cavale (compilation), 2003 (Avec Dj Psychopat). L’oreille du ciel est sourde, 2000 (Avec Dj Psychopat). La marche du baladeur solitaire, cassette, 1994, disque compact, 2006. Noise, cassette, 1988, disque compact, 2006. (Avec Slayed Nekros).
http://www.teichtner.com ; teitchtner@sympatico.ca http://perso.dromy.com/vospapiers/cinq.html ; Mainsblanches@hotmail.com | |
*Date et photo aimablement communiquées par Éric Roger et reproduites avec son autorisation. 1. Type de danse avec de violents mouvements de la tête en cadence avec la musique (souvent du heavy metal). Remerciements à Éric Roger ainsi qu’à Éric Dubois qui me l’a fait connaître et à Claude Hamelin (Éditions Teichtner). Photo : © Christian Tessier. | ||
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températures maussades ivresse qui s’éclaircit toute seule à l’abri et loin du peuple l’inspiration a le goût d’écrire écrire et ne jamais dire voici ces quelques lignes irréfléchies loin de la marge elle a son voyage d’une saison à une autre « Life is growing like the sky » ne plus jamais écrire serait irréprochable loin de tout sarcasme j’ai embrassé les arbres lorsqu’ils étaient nus en me rapprochant de l’éternité extraire les fruits de l’amour dans un quotidien blasphématoire le penchant a de quoi plaire même exalté quand rien ne se tait noir sur noir on ne peut rien voir. Extrait de Un paradis dans le néant, p. 40. Reproduit avec l’autorisation de l’auteur |


