CONFERENCE : ALAIN BORER : NOEME
14 MAI : "Traité du Noème" - Conférence d'Alain Borer
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lundi 14 mai 2012 à 19h
Maison de l'Amérique Latine, 217 boulevard Saint-Germain, métro Solférino
CITATION : PROVERBE CHINOIS
"QUAND TU ATTENDS AVEC IMPATIENCE LA VENUE D'UN AMI,
NE PRENDS PAS LES BATTEMENTS DE TON COEUR
POUR LE BRUIT DES SABOTS DE SON CHEVAL" (Proverbe chinois)
(cité dans : Henri Broch, Le paranormal, ed. du Seuil, 1985, p. 41)
Vous avez dit bonheur ?
Hier soir j'ai vu à la télé, un documentaire : "Le bonheur à tout prix" avec la participation du philosophe André Comte-Sponville et de quelques manitous des cures de bien-être à base de techniques physico-spirituelles : stages de rire, massages, yoga, diététique, méditation inspirée du bouddhisme zen par exemple, ressourcement dans la nature, tout est bon pour redonner aux adeptes confiance en eux, santé et amour de la vie.
Depuis plus d'un an, j'ai pour grand projet d'écrire un article sur Les Sabots de bois vert (Éditinter, 2010) écrit en "hommage au poète Guillevic" par Jeannine Dion-Guérin.
Or, selon moi, le bonheur est le thème principal et le vrai fil d'Ariane des Sabots de bois vert : en effet, Jeannine se réfère explicitement dans le premier et le dernier poème et dans une des citations de Guillevic au titre du recueil Terre à Bonheur. Je dis bien à son heureux titre, à l'idée intrinsèque du bonheur, plus qu'au contenu même, à la forme, ou à la "valeur" poétique du recueil (qui n'est pas considéré en général comme le meilleur de la production guillevicienne). Mais, au-delà, Terre à Bonheur a montré la voie à Jeannine, le courage d'écrire même lorsqu'on se sent soi-même en période de "basses-eaux" littéraires.
Bien qu'il soit très risqué et difficile de parler du bonheur, qui n'est pas souvent au rendez-vous là où on l'espérait dans la vie de tous les jours, et que de multiples embûches parsèment le chemin, au point d'avoir failli plusieurs fois me faire abandonner ma "problématique" peut-être trop "tarte à la crème1" (j'emploie exprès, pour rire, une expression un peu triviale), j'ai envie de revenir à ma première idée.
Le déclic m'était venu à la faveur d’une soirée littéraire intitulée : « Art poétique : lecture de poèmes de Guillevic » par Lucie Albertini-Guillevic et Maureen Smith à l’Espace Povéda à Paris le 27 janvier 2012.
Ce soir-là, j'avais connu un tel moment de bonheur que le soir même je m'étais remise à mon projet resté en friche. Depuis lors, je me suis lancée à nouveau à fond dans une analyse sans fin accumulant lectures parallèles, notes et brouillons sans encore parvenir à une synthèse satisfaisante.
Le moment de bonheur si bref du 27 janvier reste intact dans ma mémoire et dans mon coeur, mais pour le reste, ma vie aurait vite une fâcheuse tendance à s'assombrir... Il me faut avoir le coeur bien accroché pour continuer à écrire dans ces conditions et à garder le moral...
Mais je le ressens comme une nécessité intérieure. Comme Jeannine a célébré Guillevic, je veux rendre hommage à celle qui est toujours "la vive, la tournoyante, l'ensoleillée", soeur d'Ariane dans Belle du Seigneur d'Albert Cohen. J'ai toujours pensé qu'il fallait rendre hommage aux gens et profiter de leur présence et de leur amitié bienfaisante pendant qu'ils étaient vivants.
La poésie de Guillevic est pour moi une plaque tournante d'union entre les contraires. Et ce n'est sans doute pas un hasard si mes deux maîtres et grands amis en poésie, d'un côté Jeannine Dion-Guérin et de l'autre Émeric de Monteynard, avec leurs mélanges respectifs d'ombre et de lumière et leurs différences de style, ont tous deux bien connu Guillevic. En dernière analyse, j'ai le sentiment qu'à travers Les sabots de bois vert (et son pendant Petite suite pour une convalescence), je rendrais non seulement hommage à Jeannine mais aussi à Guillevic et en filigrane à Émeric, aussi éloigné que cela puisse paraître, car je pense toujours à lui lorsque j'écris, et c'est dans son sillage aussi que j'ai tenté d'apprendre à "pétrir" les mots au plus juste de ma pensée (mais je n'y arrive pas toujours). Au risque que ce lent labeur et ces maints tâtonnements ne paraissent en contradiction avec l'urgence d'écrire. "Écrire en situation d'urgence", avais-je écrit dans un de mes poèmes ... à quoi me répondent Jeannine : "En urgence d’appel / Du silence la teneur / Harcèle nos écrits", Philippe Jaccottet : "Écris vite ce livre" (cf. A la lumière d'hiver) ou Jean Joubert dans État d'urgence...
Espérant que l'on ne me jettera pas trop de tartes à la crème !
et espérant aussi ne choquer personne...
Érica C, 11.05.12
1. Cf.http://www.expressio.fr/expressions/une-tarte-a-la-creme.php (consulté 11.05.12)
En préparation : Nathalie Érica Cousin, Jeannine Dion-Guérin en "Sabots de bois vert" : une "Terre à bonheur" réinventée.
Coeur coquelicot
A quoi sert de ressasser
ce départ précipité
comme un coït interrompu
Courir après un rêve fou
le coeur lourd de plomb
foudroyé
A Épinay-Villetaneuse
les coquelicots sur la voie ferrée
regardent passer les trains
dans lesquels ils ne monteront pas
Ils s'en fichent
le bonheur est en eux
nul besoin de partir
plutôt de sourire
à la voyageuse mélancolique
celle au coeur lourd de plomb
espérant lui transplanter
leur valve de pétales coquelicot.
Érica C, 11.05.12
ANNONCE DE PARUTION : ÉRIC HUMBERTCLAUDE
VIENT DE PARAÎTRE :
Éric Humbertclaude, La liberté dans la musique (Beethoven, Souvtchinski, Boulez). Suivi de : La musique, les pieds sur terre, Aedam Musicae, 2012.
ISBN : 978-2-919046-05-8 (20 €)
Éric Humbertclaude : Joue, je pense à toi
Pour Éric Humbertclaude, l’auteur n’existe pas. Cependant, Joue, je pense à toi est probablement son poème (ou son récit en prose poétique) le plus intime et le plus émouvant. Peu importe, pour le lecteur, de savoir si l’histoire sous-jacente, est réelle, fictive ou un mélange des deux. Sa vérité est ailleurs. Dans la fragmentation du récit, dans les mots, dans les lettres de l'alphabet. De la lettre A à la lettre Z, "Les registres de la solitude entrelaceront l'amour et la violence".
De l'histoire, que savons-nous ou devinons-nous ? Il est question de jeux entre un bébé et son "oncle à la barbe violette". On se lance un cerceau, une balle, un anneau, on lance des lettres et des mots, on jongle avec l'abécédaire. Insouciance et légèreté du monde de l'enfance. « Jouons, les choses sont forcément lourdes pour qui tente de les porter ou de les soulever ». Des notes sur le « journal du silence » ou pour une « composition bruissante de musique ».
Des bribes, entrelacées de pages blanches au verso, de silence et de non-dit, qui se nouent soudain autour d'un drame indicible.
Les lettres rebondissent (est-ce le symbole d'une possible résilience ?) comme des balles d’une page à l’autre, d'un point à un autre, sur de petits diagrammes. Que représentent-ils, en abscisse, en ordonnée ? Une composition musicale sur une portée de 3 lignes et 8 mesures ? On peut s’amuser à relier ces points comme dans le jeu du labyrinthe.
24 points pour 26 lettres : il faudra trouver quelques astucieux subterfuges pour résoudre le hiatus et grâce à de subtils arrangements et divers procédés lettristes et signes typographiques, faire à partir de cet abécédaire un tel récit-poème elliptique et dense.
A la fin, le texte barré, inachevé, disparaît derrière la trame, le filigrane. Au verso, la dernière lettre et le dernier mot apparaissent, dernier acte avant le retour au silence.
"C'est du silence que sont extraits les mots, écrit Henry Miller, et c'est au silence qu'ils retournent si on en fait bon usage." "Par la musique, au lieu de chercher l'indulgence, on trouve la légèreté. Ainsi la vraie musique se trouve entre les notes et il arrive, mystérieusement, qu'une mélodie demeure une fois qu'elle s'est tue." (Raphaël Enthoven, L'endroit du décor, Gallimard, l'Infini, 2009).
Éric Humbertclaude Joue, je pense à toi, L'Harmattan, collection Accent tonique - poésie, 2011, 50 p. Illustration de couverture de Nelly Chichlakova.
ISBN 978-2-296-55242-5.
2 versions disponibles : version papier ou version numérique (e-book)
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Insolite et original comme tous les livres d'Éric Humbertclaude. A découvrir.
Érica, 5 mai 2012.
pour l'anniversaire d'Éric Humbertclaude.
Voir la page de L'Almanach d'Éric








