22 juin 2009
ACTUALITÉS MUSICALES D'ÉRIC PÉNICAUD
Commentaires d’Eric Pénicaud sur « Tsunami », Editions d’Oz, (pour G. Podera, sa conférence du 8 juillet 09, Académie de Guitare de Brescia, Italie)
C’est une œuvre qui a été écrite au début des années 1980. Elle est constituée de 2 mouvements : tout d’abord un prélude, nommé « Ivresse des profondeurs », puis un « Ostinato ». Le prélude évoque les grandes profondeurs de la mer, là où naissent parfois des séismes sous-marins : ceux-ci se répercutent ensuite en surface, pour donner ces vagues puissantes et très rapides que rien ne peut arrêter (ostinato), à part le contact avec les terres. C’est ce qu’on appelle alors un tsunami. Si j’avais connu à l’époque le terrible tsunami de 2006 en Asie, sans doute n’aurais-je pas choisi ce titre d’ailleurs. Mais en fait, on va le voir, il s’agit surtout d’un processus intérieur…
- L’ivresse des profondeurs, c’est aussi – en français - cette forme d’extase qui saisit certains plongeurs, ils se sentent tellement bien sous l’eau qu’ils « oublient » de remonter, et ils meurent. C’est donc aussi cette forme de lâcher-prise qui prélude à toute composition, un renoncement à nos défenses extérieures habituelles, c'est-à-dire une attitude nécessaire - du moins selon mon expérience – pour laisser survenir la véritable inspiration, dans ce qu’elle peut avoir de plus profond, « sismique », extatique… J’ai choisi pour cela la notation musicale qu’on appelle « proportionnelle », qui utilise une écriture différente (mais que les guitaristes commencent à bien connaître à présent, dans la musique contemporaine) : rien n’est rigide, en particulier dans le rythme, ce pourrait presque être un prélude improvisé tel que le pratiquaient les anciens …
- L’ostinato est très différent : même s’il découle organiquement du prélude initial, il va emprunter ce cycle rythmique (6/16 +6/16 +2/8) × 2 fois – avec juste une très subtile modification à la fin de l’œuvre. Ce qui équivaut à 2 fois 4/4 en fait (voir page 9) : mais je ne me suis rendu compte de cette correspondance qu’après, je n’ai pas calculé cela mathématiquement, cela s’est imposé à moi avec une force irrépressible, irrépressible comme cette vague justement, qui se renouvelle d’elle-même, par sa propre énergie, et peut ainsi traverser des océans entiers ! La notion de cycle rythmique, même si elle n’est pas trop familière au monde occidental, et aux guitaristes classiques, est excellente pour évoquer cette énergie. Mais une fois que l’on a accepté de lâcher prise envers nos connaissances habituelles, et une fois que l’on a intégré le rythme de ce « mouvement perpétuel », il y a un plaisir, une jouissance incroyable à jouer cet ostinato (même avec ses contretemps qui paraissent redoutables au début). Tout devient cohérent et évident musicalement alors. Je dirais même : « organiquement », c’est « incarné ».
Malgré le titre de l’oeuvre, malgré aussi le fait que je suis passionné par la mer et que j’ai parcouru la Méditerranée de long en large pendant plusieurs années quand j’étais jeune –souvent en hiver -, et malgré enfin le fait que j’ai continué plus tard à traverser tous les océans en cargos (pas les paquebots de croisière, non, les cargos de marchandise qui embarquent parfois 5 ou 6 passagers seulement - je recommande pour la composition, on y travaille divinement bien ! -), il ne s’agit pas de musique descriptive, mais d’un mouvement intérieur, spirituel si on préfère…Mais là, je ne veux pas en dire plus, c’est d’ailleurs pour cela que je fais de la musique…
Écouter « Tsunami » :
♫1. « Ivresse des profondeurs » : tsunami_ivressse_des_profondeurs_427penicaud1
♫2. « Ostinato » : tsunami_ostinato_427penicaud2_mp3
Actualité concernant Éric Pénicaud : BresciaChitarra2009
Voir aussi Almanach d'Éric : Éric Pénicaud
Mise en ligne de cette page : 22.06.09. Remerciements à Éric Pénicaud.
14 juin 2009
PANTOUM DE ROBERT LE DIABLE
À Jacques Jouet
Depuis longtemps les papillons sont ma passion
Le Robert le diable ne me fait même pas peur
Je m’initie à la versification
Pendant le voyage en train à vapeur
Le Robert le diable ne me fait même pas peur
Non plus que les mars ni les sylvains
Pendant le voyage en train à vapeur
Mais il est bien lent ce Pacific 231
Non plus que les mars ni les sylvains
Les énumérer serait certes inepte
Mais il est bien lent ce Pacific 231
Trente kilomètres heure de Rouen à Dieppe
Les énumérer serait certes inepte
Mélitées, nacrés ou damiers du frêne
Trente kilomètres heure de Rouen à Dieppe
Halte à Auffay, à chaque gare on freine
Mélitées, nacrés ou damiers du frêne
Des centaines d’espèces dans mon photo-guide
Halte à Auffay, à chaque gare on freine
J’ai le temps de lire le poème de René Ghil
Des centaines d’espèces dans mon photo-guide
Quel plus beau périple autour du monde
J’ai le temps de lire le poème de René Ghil
Le Pantoun des Pantoun, vive le son des gongs
Quel plus beau périple autour du monde
De tous les noms je fais collection
Le Pantoun des Pantoun, vive le son des gongs
Depuis longtemps les papillons sont ma passion.
Érica 14 juin 2009
Après la balade du Pacific Vapeur Club
Du 13.06.09
En lisant le livre de Jacques Jouet
ECHELLE ET PAPILLONS. Le Pantoum, Comprenant la réédition intégrale en fac-similé du poème de René Ghil, Le Pantoun des Pantoun, Belles lettres, 1998.
11 juin 2009
Morale élémentaire vue par Érica
Papillon radieux |
Printemps fleuri |
Trésor mirifique |
Joie envahissante |
Main magicienne |
Volcan somptueux |
Chevaux écumeux |
Hérisson élégant |
Voyage initiatique |
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Caresser
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Envolée lyrique |
Nuits réversibles |
Sourire ensoleillé |




